Une île curieuse !

Après le petit-déjeuner et un snorkeling matinal, nous quittons notre mouillage d’anse petite cour pour rejoindre Curieuse, que l’on aperçoit vers le nord, en 20 minutes de traversée.

Curieuse mesure 3,5 km de long sur 2,5 km de large. D’abord appelée l’île Rouge en raison de la couleur de sa terre ocre, elle fut rebaptisée Curieuse du nom d’un des vaisseaux de l’explorateur français Marion Dufresne qui a exploré les îles autour de Praslin en 1768. Cette île isolée accueillit une colonie de lépreux à Anse Saint José – on peut d’ailleurs visiter la Maison du médecin, de style colonial, datant de 1870. C’est maintenant une réserve naturelle sous la responsabilité du Seychelles Centre for Marine Technology. Il n’y a donc aucune possibilité d’hébergement sur l’île, mais des excursions y sont organisées tous les jours de 10h à 18h. Le droit d’accès est de 200 roupies par personne.

 L’île est un site de reproduction important pour les tortues imbriquées et entre 20 et 40 tortues carets reviennent chaque année faire leur nid sur leurs sites ancestraux de nidification. Un enclos d’élevage de tortues géantes des Seychelles a été installé à Baie Laraie, fruit d’un projet spécifique visant à augmenter leur population. Darwin lui même a préconisé le site pour cette implantation ! Ces animaux préhistoriques étaient les premiers habitants des îles Seychelles mais la colonisation des îles a failli causer leur disparition. En 1840, les seules rescapées étaient celles de l’atoll d’Aldabra (site UNESCO) dans les eaux lointaines et très inhospitalières du sud de l’archipel… et celles des Galapagos dans le Pacifique. Leur extinction a été évitée de justesse aux Seychelles et les programmes de sauvegarde se sont multipliés, à Curieuse mais aussi à Silhouette, Frégate notamment.

Ron nous débarque justement avec le zodiac dans la Baie Laraie, où un garde de la réserve nous explique le projet, nous montre les enclos où les bébés tortues sont mis à l’abri de leurs prédateurs (rats et oiseaux) jusqu’à ce que leur carapace soit assez rigide pour être remis en liberté. Il nous invite à faire connaissance avec les adultes qui ont entre 15 et 150 ans ! et à ne pas hésiter à leur grattouiller le cou… elles adorent ça ! Elles sont très sociables et se déplacent à toute vitesse – vraiment – pour venir voir si les visiteurs n’ont pas une banane à leur offrir. Je me suis fait une copine et ne me suis pas privée de la caresser, en pensant que les règles seront totalement différentes dans quelques mois aux Galapagos.

Nous prenons ensuite pour 1 heure de randonnée le chemin qui relie Baie Laraie à Anse Saint José où nous attends le Costa Rica.

Il traverse sur des passerelles une forêt de palétuviers et la marée étant basse, nous avons pu découvrir les habitants de la mangrove : coquillages et crabes. Nous traversons une forêt composée d’espèces endémiques comme le « kapisen » et le coco de mer (qui pousse aussi ici) et peuplé d’énormes araignées aussi spectaculaire qu’inoffensives. Le sentier grimpe ensuite pour franchir un col, il fait une chaleur torride mais nous sommes récompensés par un joli point de vue sur Baie Laraie et le lagon destiné autrefois à un élevage de tortues marines. Le lagon était protégé par une chaussée qui a été partiellement détruite par le tsunami de 2006.

C’est enfin l’arrivée sur la superbe plage d’anse Saint José qui m’évoque les caraïbes et leurs lagons aux nuances de bleu et turquoise ! J’ai tellement chaud que je laisse Patrick et mon appareil photo à l’ombre et rejoint le bateau à la nage !

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